mardi 18 novembre 2014

Autoépitaphe


Autoépitaphe

Vendredi 31 octobre 2014 avec O. Salon
Classique (quatrain d’octosyllabes, rimes embrassées, alternées masculines/féminines)
Moderniste (en vers libres)
Oulipienne (Petite boite)

Jamais su quitter sans peine
Jamais aimé se déprendre
Jamais pensé se suicider

Lolotte

Mais souvent voulu disparaitre
Toujours espéré partir
À bientôt !

Valérie Lotti

Et tu nous as quittés, passante
Et qui plus est tambour battant
À toi Chantal toujours devant
Du fond du trou, tu es partante

Chantal Danjon

Toi qui aimais les cimetières
Te voilà comblée à présent
Babeth, que tu es là-dedans
Et qu’en plus on t’offre une bière.

Élisabeth Chamontin

Dans cette tombe tu tombas si bas,
Lâchée des chimères salvatrices,
D’en échapper ailée de vices,
Enterre-le, Annick, ton trépas !

Annick Niedner

Elle te nargua toute sa vie,
Tombe,
Pierre laide et noire.
Tu n’avais rien pour l’emballer,
Elle te tourna autour
Te crachant dessus,
Elle immortelle.

Pourtant un jour, tu la cloitras,
Entre tes parois trop étroites
Elle, Annick, n’en est toujours pas revenue.

Annick Niedner

Évaporée là comme ça,
Happée insidieusement,
Nous laissant ici tout égarés,
À te chercher, Annick, comme fous,
Toi qui partis toute souriante
Sans hésiter, sans sursoir.

Annick Niedner

Je, désormais poussiéreuse,
Glisserai lentement loin
De plus en plus, de moins en moins
Minou
Langoureusement morcelée,
Simplement évanouie.

Michèle Poznantek

La porte est fermée, j’ai la clé.
J’emporte ma vie sous le bras.
On n’a pas pu te retenir
Minou, tu t’es vite effacée.

Michèle Poznantek

Je n’ai pas eu le luxe de choisir quand
Ainsi moi, Minou, suis maintenant ci-dessous
Vous avez choisi où
Et êtes ici, peut-être, ci–dessus.
Nous sommes ensemble sens dessus dessous.
Rions, et allez voir ailleurs si j’y suis...
Bonne route !

Michèle Poznantek

Elle aima tant de son vivant
Dormir, rêver, faire la chouette
Paresser longtemps sous la couette
Hue, Lotte ! Debout ! En avant !

Valérie Lotti

Ni fleurs ni couronnes
Pas de cimetière pas de grilles pas de murs
Pas de tombe pas d’urne
Pas de « pelouse de dispersion »
Des cendres oui à donner à manger aux oiseaux
Pas d’épitaphe pas de traces
Je m’appelais comment déjà ?

Valérie Lotti


Épitaphe classique
Tu as su filer à l’anglaise
L’heure a sonné, plus de diérèse
Béatrice ne t’en déplaise
Les vers sont libres sous la glaise.
Béatrice Clolus
Épitaphe moderniste
Il faut du vin d’ici
Il faut de l’au-delà
Tôt ou tard
Béatrice

On tire sa révérence
Tu l’as fait aujourd’hui sans faux pas.
Béatrice Clolus

Il ne reste plus rien d’elle
À quoi bon être là, donc ?
Penser à quoi ? Debout devant
Cécile
Sauf si, bien sûr, tu te souviens
Qu’avec elle, tu as ri.

Cécile Déniélou

Passant, jamais tu n’entendras Cécile
Sa bouche est close pour toujours
Elle qui a tant aimé parler.
Profite, passant, profite
A jamais
De son silence.

Cécile Déniélou

Cécile aimait beaucoup le vin
Le vin qui force les rencontres
Là où elle est, on n’a rien contre
On voit des gens, on boit du vin.

Cécile Déniélou


Ne te connais-je plus de houle
Il se faufile silencieux
Un cil se lance vers les cieux
Mangeon le temps qu’il ne s’écoule

Jean-Philippe Mangeon

D’autres à dos du Très Haut ?
P’tite patte gratte
Des choses et un autre
Une ronde de pochards
Et Mangeon qui se faufile
V’là le couloir blanc
Et hop ça décolle

Jean-Philippe Mangeon


Autant que de nulle part
Ici ne le vit ailleurs
Pas du tout comme la plupart
Jamais de rien découragé
Fut seulement nécessaire

Jean-Philippe Mangeon


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