mardi 18 novembre 2014

Palimpseste

Palimpseste

Jeudi 30 octobre 2014 avec A. Charcosset
Écriture collective : d’un texte libre à l’autre avec pour thème « Mais ces autres, pourquoi sont-ils venus ici ? », en passant par un quatrain d’alexandrins, un lipogramme en –e, un haïku.


Texte initial
C’est cet homme-là qui petit fabriquait des maquettes, avec ce qui lui tombait sous la main ; du carton, des chiffons, c’était sa façon à lui de dire les lieux, de se les approprier, de se les rêver, comme d’autres lisent des guides de voyage d’endroits où ils n’iront jamais. Les maquettes après tout, pourquoi pas. Et puis un jour, son plan en trois dimensions de Bruxelles l’a attrapé, il est comme tombé dedans, brusquement, soudainement aspiré par les trottoirs défoncés. Et il s’est retrouvé là, au cœur de cette ville qu’il connaissait sans connaitre, car l’odeur de la gaufre dans les couloirs d’une station ne se retrouve pas dans du carton et des chiffons.

Ils avaient, pour la plupart, quitté leur pays parce qu’ils aimaient le rêve et le voyage. Ils avaient envie d’espace, aspiraient à un autre air, voulaient gouter à une autre langue, toucher d’autres rivages, n’écouter que leurs désirs, voir plus loin.
Les uns avaient pris la mer, choisi la montgolfière, les autres roulé sur les chemins de terre et des vélos un peu rouillés.
Les uns étaient déjà là, mais ces autres, pourquoi sont-ils venus ici ?
Valérie Lotti

Je n’aurais jamais osé en rêver mais nous y voici, enfin, mon amour. Embrasse-moi.

Mar Bikx

Palimpseste (écriture collective, lanceur : et ces autres pourquoi sont-ils venus ici ?)
  • Histoire d’un destin
Le long du canal coule la Senne. Samba est étranger. Il vient du Maroc. Parti il y a si longtemps. Il arrive au gré du flot dans une ville inconnue. Il vient au pèlerinage dansant de Molenbeek. Il espère guérir. Il a peur. Il fait froid. Sa famille est loin. Très loin. Il se sent si seul. Il est un Zinneke.
Marie

  • Réécriture en un quatrain d’alexandrins
Samba tremblait de peur arrivant du Maroc
Une ville inconnue, il fait froid, le canal
Où c’est en procession que l’on guérit du mal
Zinneke ! lui dit-on : c’est un électrochoc.
Jean-Marc
  • Lipogramme en e 
Du Maroc au carnaval, un vrai choc pour Samba, l’inconnu… un char, un canal froid, du frisson, un tohu-bohu, du chahut… Alors, tous bâtards ?
Michel
  • Haïku 
Danse sur canal
Joyeux carnaval connu
Chahut des frissons
Mar
  • Réécriture de l’histoire initiale
Une nuit d’hiver, au moment du Fashing du carnaval, une troupe d’hommes et de femmes un peu émoustillés, ayant perdu leur flacon de bromure, dansent dans les rues de Malenbeek avant de se dire, poussés par la boisson, qu’ils peuvent danser sur les eaux du canal. Certains s’y essaient en solitaire. D’autres enlacés les regardent couler. Un évangéliste leur reproche leur peu de foi. Un adepte de Facebook photographie la scène et la met sur son mur. Plus tard, une famille portera plainte contre la marque de bière belge dont ils avaient abusé : FOAM (Filtre Organique d’Amertume Méritée) et perdra le procès, FOAM étant délocalisé sur Mars depuis 2015 et ne dépendant plus des tribunaux européens – alors même qu’elle reçoit encore des subventions et de la communauté flamande et de l’UE.
Catherine



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