vendredi 7 novembre 2014

Le tireur à la ligne

Mercredi 29 octobre 2014 avec R. Rapilly

Textes collectifs

Texte 1
Pourquoi faut-il toujours que Maman sorte seule sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Dans quoi, sinon, peut-elle emporter son plan de ville, alors qu’elle a déjà du mal à trouver « le trottoir d’en face » ?
Pourquoi laisse-t-elle son plan d’Ixelles au palais, sur le trône d‘Albert et court-elle éperdue à travers les rues ?
Pourquoi faut-il toujours qu’elle finisse par tomber en arrêt devant une échoppe mal famée ou un tripot ?
Pourquoi est-elle entrée ici ?
Comment peut-on confondre un calice avec un verre à dégustation ?
Pourquoi a-t-elle choisi cette enseigne à moitié catholique, à moitié éthylique ?
Pourquoi a-t-elle demandé la communion à ce patron de bistro, qui vous sert des chips plutôt que des frites ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier trafique illégalement dans la rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?

Texte 2
Pourquoi faut-il toujours que Maman sorte seule sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Pourquoi trafique-t-elle illégalement à Bruxelles derrière la statue de Tijl Uilenspiegel ?
Pourquoi lever des impôts ? Pour Albert ?
La réponse serait-elle dans le tramway nommé le baise-en-ville ?
Pourquoi maman n’aime pas l’hydromel clérical ?
Pourquoi une clientèle clandestine à Ixelles ? Surtout celle de noir doré !
Pourquoi revoir Venise ?
Pourquoi toujours servir à découvrir illégalement Bruxelles, Venise, Padoue, Ixelles ? Bordel !
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier trafique illégalement dans la rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?

Texte 3
Pourquoi faut-il toujours que maman sorte seule, sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Pourquoi seule, d’ailleurs ?
Pourquoi l’Albert de Bruxelles souffre-t-il de la rage anticléricale?
Pourquoi Bruxelles croit-elle en Dieu ?
Pourquoi mourir debout ?
Pourquoi pas assis ?
Pourquoi cacher la rage clandestine dans un baise-en-ville ?
Pourquoi ne pas tout dévoiler au grand jour ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier fabrique illégalement dans sa rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?


Texte 4
Pourquoi faut-il toujours que maman sorte seule, sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Pourquoi Bruxelles plutôt que Tombouctou ou Commodoro-Rivadavia ?
Pourquoi elle et pas moi ?
Pourquoi toujours elle ? Est-ce que je n’ai pas mon petit charme, moi aussi ?
Pourquoi un baise-en-ville tragique ? Pourquoi baiser en ville serait-il plutôt tragique, ou plutôt comique, ou tragicomique ? Pourquoi ne serait-ce pas un évènement anodin, minuscule ?
Pourquoi cette rage de vivre ?
Pourquoi cette douceur de mourir ?
Pourquoi tant de peur ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier fabrique illégalement dans sa rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?


Texte 5
Pourquoi faut-il toujours que maman sorte seule, sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Pourquoi ne pas la suivre ?
Pourquoi prend-elle cette vieille mallette toute pourrie?
Pourquoi soudain trébuche-t-elle ? Ne voit-elle pas où elle va ? Hésite-t-elle ?
Pourquoi se précipite-t-elle au bar d’en face ?
Pourquoi avoir pris le bus terminus Héros ?
Pourquoi ôte-t-elle ses chaussures en entrant ? Sans complexes, maman.
Pourquoi sitôt entrée, se rue-t-elle sur le bar ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier fabrique illégalement dans sa rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?

Texte 6
Pourquoi faut-il toujours que maman sorte seule, sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Et d’ailleurs, pourquoi Albert lui a-t-il offert cet épouvantable baise-en-ville ?
Pourquoi seule ?
Pourquoi toujours à la nuit tombée ?
Pourquoi si vite ?
Pourquoi se couvre-t-elle la tête d’un fichu noir ?
Pourquoi titube-t-elle en sortant, en sortant de chez elle ?
Pourquoi se retourne-t-elle toujours trois fois avant de se précipiter dans ce bouge infâme ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier fabrique illégalement dans sa rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?

Texte 7
Pourquoi faut-il toujours que maman sorte seule, sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Pourquoi Albert n’est-il jamais là, pour l’accompagner ?
Pourquoi Maman boit-elle autant ?
Pourquoi faut-il qu’elle traverse la ville de long en large pour trouver son breuvage préféré ?
Et pourquoi pas d’hydromel à Bruxelles ?
Pourquoi Maman se rend-elle dans le bar le plus glauque de la ville, si ce n’est pour un rendez-vous ?
Pourquoi tous ces curetons la suivent-ils à la trace ?
Pourquoi Maman est-elle si sure d’elle quand elle les guide à travers champs jusqu’à ce bar clandestin ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier fabrique illégalement dans sa rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?

Texte 8
Pourquoi faut-il toujours que maman sorte seule, sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Pourquoi pas Moscou d’ailleurs, ou Paris, ou Pirou ?
Pourquoi découvrir Bruxelles ?
Et pourquoi sans ce baise-en-ville, va savoir ! Est-ce que la ville la répugne ou bien l’amour ?
Pourquoi seule, franchement ?
Pourquoi cette passion morbide qui l’éloigne d’Albert et de l’eau de Spa ?
Pourquoi boire encore ? Déjà ivre de royauté er de religion.
Pourquoi surtout ce gout immodéré des ecclésiastiques, compagnie coquine qui se donne des airs de sainteté ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier fabrique illégalement dans sa rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?

Texte 9
Pourquoi faut-il toujours que maman sorte seule, sans son baise-en-ville qu’Albert lui a offert pour découvrir Bruxelles ?
Pourquoi ne veut-elle jamais rien faire « comme tout le monde » ?
Pourquoi Dieu m’a-t-il dotée de parents excentriques, sympathiques mais totalement irresponsables?
Pourquoi suis-je née dans une famille de fous ?
Pourquoi toujours questionner ?
Pourquoi attendre des réponses qui ne viendront de toute façon jamais ?
Pourquoi au contraire cesserait-on de poser des questions, du matin au soir 
de la vie ?
Pourquoi pas boire et oublier tout ?
Pourquoi avaler si goulument l’hydromel que notre tenancier fabrique illégalement dans sa rage de servir sa clientèle clandestine et souvent cléricale ?


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