mardi 18 novembre 2014

Quatrain


Quatrain



Mercredi 29 octobre 2014 avec M. Granger
Palais de Justice : Il s’agit d’évoquer le palais de justice, visité le matin, en deux quatrains aux rimes embrassées (abba cddc). Les trois premiers vers de chaque quatrain doivent être de longueur paire, le quatrième faisant la moitié de cette longueur.

La Cour d’Assises nargue, en haut de l’escalier,
Verlaine qui ce jour fit un geste fatal
Un geste en fin de compte en amour si banal
Mordre écraser briser

Affaire impardonnable pour le juge cinglant
En plus c’est un poète, un roi des fariboles
Mais Verlaine envasé dans le bleu des coupoles
Rêve de son amant.

Marianne Prévost

Tout en catimini
Fillette à moitié nue
Offerte aux longues-vues
Pain bénit

La colonne mure le jour
Intimité cachée
Intimité parquée
Mise au jour

Lettre à l’autorité
Appel à sauf-conduit
Effluves de millepertuis
Rouge Baiser

Josiane Thibault

Le Palais de Justice a déroulé sa frise
Et nous la contemplons avec des yeux de veaux ;
Nous arrivons, ayant traîné nos godillots,
Devant la Cour d’Assises.

Puis nous perdons nos pas dans ce vaste édifice,
Comme saisis d’effroi au milieu des ténèbres.
Dans la nuit du tombeau sonne un appel funèbre :
Sirène de police.

Jean-Claude Koeune

Certes jadis à Gravelines
Se laboura un lourd combat
Naval ou pas ? Ah ! Bien maline
Qui le saura...

Ce tableau-là dans le Palais
Aux couloirs noirs pleins de malice
L’enfant naïf au doigt levé :
« C’est la Justice ? »

Cécile Déniélou




Ode au Palais de Justice
Passant, Ô toi qui foule les pavés noirs, inconnus
Rappelle-toi Jéricho, le rateau, la méduse
Frémis, toi la vestale que le larron abuse
Justice, te voilà nue

C’est un château, que dis-je, un Palais de Justice
Où l’on châtie sans fard, au choix, le larron vagabond
La matrone légère ou l’innocent moribond
Tombeau de tous les vices

Martine Bleno


Seulement de toi, boulingrin de rien
Déjà une main sur l’échafaudage
Brise mes âges. Tant se décourage
Je meurs trop les tiens.

Mais ici la terriblement ailleurs
A l’entretemps sans écume défaille.
Ses semelles se mêlent. Entrebâille !
J’entaille tes peurs

Jean-Philippe Mangeon

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